Depuis quelques mois, on nous abreuve de mises en garde contre la grippe H1N1. Pas moyen d’écouter la radio, de regarder un journal télévisé ou de se retrouver tout simplement en société sans être interpellé par cette ? fameuse grippe ?. Pendant ce temps-là, les médicaments génériques prospèrent. Souvenez-vous du spot publicitaire ? les antibiotiques c’est pas automatique ?. Eh bien, aujourd’hui, il serait judicieux d’ajouter ? les génériques, c’est automatique ?. Et c’est inquiétant.
Qu’est-ce qu’un médicament générique ? Un générique est la copie d’un médicament de marque, mais avec un conditionnement différent, une bo?te, une taille des comprimés différentes, des couleurs différentes. La molécule, autrement dit, le principe actif, est la même, mais les excipients (ce qu’il y a autour du principe actif) sont différents.
Lorsqu’un laboratoire découvre un médicament, il en garde l’exclusivité pendant plusieurs années. Passé ce délai, tous les laboratoires ont le droit de le reproduire et de le commercialiser. Le pharmacien propose systématiquement des génériques provenant de laboratoires divers et variés (pour des raisons s?rement commerciales).
Certes, un générique co?te d’ordinaire moins cher que l’original, en moyenne 30 % d’après un prospectus rédigé par l’assurance maladie et délivré en pharmacie. Mais cette économie peut se révéler être un faux calcul. Selon des statistiques officielles, le recours aux génériques aurait permis d’économiser plus de 1,2 millions d’euros, en 2008, en Seine-Saint-Denis. Or, des problèmes sérieux, voire graves, peuvent survenir suite à l’achat d’un médicament générique, ce dont on ne parle malheureusement pas du tout.
1. Les personnes qui se repèrent aux couleurs et aux bo?tes, en particulier les personnes agées ou encore illettrées ou qui manquent dirons-nous d’agilité cérébrale, peuvent faire des erreurs parfois fatales. Il serait utile et intéressant de réaliser des enquêtes sur cette manie qu’ont désormais les pharmaciens de changer systématiquement la prescription donnée par le médecin à son patient.
2. La relation médecin-patient, c’est-à-dire le climat de confiance qui s’instaure entre les ? deux parties ?, peut être entamé par ce remplacement inopiné d’un médicament par un autre chez le pharmacien, la chose se faisant sans grand dialogue.
Il serait judicieux de vérifier le nombre d’accidents liés à la prise de médicaments génériques. En effet, les emballages sont tellement dissemblables que cela porte à confusion. Des personnes m’ont raconté qu’il leur est arrivé de prendre double ou triple dose ; les bo?tes étant toutes différentes, elles croyaient absorber trois traitements différents alors qu’il s’est avéré qu’il s’agissait du même. Ainsi des médicaments pour traiter des problèmes cardiaques dont le surdosage est dangereux.
3. De plus, le prix d’achat varie d’un laboratoire à l’autre. On peut considérer qu’un nouveau commerce, lucratif, s’est installé autour des génériques.
Au vu de ces éléments, il serait bienvenu de vérifier si cela engendre une réelle économie, et si oui, pour qui ? Il serait raisonnable que pour un médicament de marque, il n’y ait qu’un générique et non deux ou dix, et parfois au-delà, comme c’est aujourd’hui le cas pour l’Amarel, par exemple, un médicament contre le diabète. Depuis le 2 juillet 2007, le pharmacien ne peut plus pratiquer le tiers payant en cas de refus de génériques par le patient. Donc, si vous préférez choisir le médicament de marque, vous devez avancer les frais, c’est-à-dire payer au pharmacien la part correspondant au montant d? par l’assurance maladie.
Comment peut-on imposer une mesure aussi autoritaire au vu des problèmes qui se posent ? On constate une perte d’humanité dans la relation du patient au système de santé, et tout ?a pour privilégier le profit. Profit qui se fait au nom de l’équilibre du budget de la Sécurité sociale… La Sécu est endettée mais il y a s?rement d’autres moyens pour faire des économies.
Faisons maintenant un calcul. Le Spasfon, médicament indiqué en cas de maux de ventre : une bo?te de 30 comprimés dragées co?te 2,82 euros. Le pharmacien peut proposer, par erreur ou dans un but lucratif, le générique Phloroglucinol Orodispersible (en fait Spasfon Lyoc) : 10 comprimés par bo?te au prix de 2,12 euros, soit 6,36 euros les 30 comprimés. Le générique vous co?tera donc 3,54 euros de plus que l’original pour le même traitement. Où est l’économie ? Ce cas se répète de nombreuses fois pour d’autres médicaments.
Alors, dans cette histoire, qui est le gagnant ? S?rement pas le malade. Une chose est s?re : les génériques, c’est automatique.
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